• Va et poste une sentinelle de Harper LEE

    Va et poste une sentinelle de Harper LEE

    Va et poste une sentinelle de Harper LEE

    Traduction française de Pierre Demarty. Ici En livre de poche à 7,90 euros.

    Va et poste une sentinelle de Harper Lee - Traduction française de Pierre Demarty.

     

    RESUME AU VERSO DU LIVRE

    Milieu des années 1950 Jean Louise Finch, dite " Scout" est de retour à Maycomb, sa petite ville natale de l'Alabama, pour rendre visite à son père, Atticus. La nation se déchire autour des questions raciales. Confrontée à la société qui l'a façonnée mais dont elle croit s'être affranchie en partant vivre à New York, Jean Louise va découvrir ses proches sous un jour inédit... En 2015, Harper Lee a créé la surprise en publiant un second roman, suite de l'incontournable best-seller " Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur ", où l'on retrouve l'inoubliable héroïne Jean Louise, vingt ans après. Chronique douce-amère de l'adieu à l'enfance, entre tendresse et férocité, espoir et désenchantement, Va et poste une sentinelle a été écrit avant le livre culte, prix Pulitzer en 1961.

    CE QUE J'AI RETENU DE MA LECTURE

    Notre chère petite Scout élevée en pensant que tous humains sont égaux va être bien déçue. Héroïne de "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" livre que j'ai tant aimé lien de ma page ICI, est devenue une jeune femme toujours fidèle à son côté "garçon manqué" et son caractère emporté. On l'imagine dire : I have a dream ! tout comme le fit Martin Luther King Jr. en 1963 lors de son discours pour la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis.

    En fait, elle est partie s'installer à New-York et revient à Maycomb où son père Atticus vieillissant et malade vit toujours auprès de sa soeur Alexandra. On retrouve Jean Louise très amoureuse de Hank mais pas décidée encore à franchir le pas d'autant que Alexandra, sa chère Tatie tant puritaine qu'étouffante avec ses préjugés hors du temps où se déroule l'histoire ne serait bien sûr pas disposée du tout à accepter une union entre les Finch et les Clinton, pour elle cela serait indigne. Les temps ont changés oui et beaucoup même mais pas dans le sens que pensait réellement Jean Louise.

    Elle tombe de si haut, lorsqu'elle découvre que son père n'est plus vraiment celui qu'elle croyait, il semble avoir basculé du côté des ségrégationnistes, elle découvre en effet un fascicule raciste et en l'écoutant s'exprimer lors d'une réunion où il va défendre" la suprématie blanche" notre petite Scout va être écoeurée. Mais est-ce profondément ce que pense son père ? Lui, qu'elle pensait intègre en fait ne l'est plus vraiment. Atticus a beaucoup changé et il a beau expliquer à sa fille ses raisons.. ça ne passe pas. J'étais suffoquée moi aussi à la lecture de ce livre. La situation a tellement changée qu'on ne reconnaît plus le grand Atticus défendeur de la cause Noire. 

    Et puis dans " Va et poste une sentinelle " qui se situe donc milieu des années 50 Jean Louise se souvient de son enfance et c'est aussi mais un petit peu le thème du livre une sorte d'adieu à l'enfance, d'adieu à l'insouciance et les rappels en arrière sont savoureux, certains m'on vraiment fait sourire, certains de ses souvenirs sont irrésistibles.

    LES EXTRAITS RETENUS 

    Page 86 ... (souvenir d'enfance de scout) ... Ses deux dents de devant étaient écartées.. de sorte que chaque mot qu'il prononçait contenant un ou plusieurs "s" était accompagné d'un sifflement aussi désastreux que jouissif... ce qui permit à Jem, Dill et Jean Louise d'atteindre chaque soir des paroxysmes de fou rire étouffé ; et en prime, la concentration intense avec laquelle ils écoutaient le révérend Moorehead leur valut de passer pour les enfants les plus sages et bien élevés de toute la congrégation. Le troisième soir des festivités, lorsque tous trois s'avancèrent, parmi plusieurs autres enfants, pour reconnaître en Jésus Christ leur Sauveur personnel, ils durent garder les yeux baissés pendant toute la cérémonie car le révérend Moorehead, posant les deux mains sur leur tête, dit entre autres choses " Saint soit celui qui ne s'assoit point parmi les persifleurs. " Dill fut pris d'une quinte de toux inextinguible...

    Page 226 ... Jean Louise sourit. " C'est bizarre. Il y a un siècle, c'étaient les gentilshommes qui avaient des femmes de couleur ; aujourd'hui ce sont les péquenots... - Mais ça c'était à l'époque où ils en étaient propriétaires, qu'elle est bête ! Non les péquenots, ce sont eux qui sont visés par la NAACP. C'est cette catégorie qu'ils veulent voir les nègres épouser jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien du tissu de notre société. ". Tissus de notre société. Motifs d'alliances entrecroisées. Elle ne pouvait pas nous haïr, et Atticus ne peut pas croire à ce genre de discours. Je suis désolée mais c'est impossible. Dpuis hier, j'ai l'impression qu'on essaie de me noyer tout au fond d'un - " Et au fait, comment va New York ? "... Jean Louise, tu ne réagis pas de manière conforme à nos doctrines eu égard aux gens de ton espèce, donc tu n'existes pas... - (Jean Louise répond) ... De vous, je n'ai rien appris, sinon à être méfiante. Je ne savais pas ce qu'était la haine jusqu'au jour où je suis venue vivre parmi vous et que j'ai vu la haine à l'oeuvre chez vous jour après jour. On a même dû voter des lois pour vous empêcher de haïr...

    Page 228 ... On m'a appris à ne jamais exploiter les gens moins fortunés que moi, qu'ils soient moins fortunés en termes d'intelligence, de richesse ou de statut social ; et cela s'appliquait à tout le monde, pas seulement aux Noirs. On m'a fait comprendre que tout manquement à cette règle était méprisable. Voilà comment j'ai été élevée, par une femme noire et un homme blanc...

    extrait page 230 ... Eh bien, dit Jean Louise, il faut beaucoup de temps pour s'y habituer. Moi, j'ai détesté cette ville pendant deux ans. Elle m'intimidait, jusqu'au jour où quelqu'un m'a bousculée dans le bus, un matin, et que je l'ai bousculé à mon tour. A cet instant, j'ai compris que j'en faisais désormais partie. - Ah ! ça, pour bousculer, on peut dire qu'ils savent faire. Ils n'ont pas de manières, là-bas. - Si, ils ont des manières, Claudine. Pas les mêmes que nous, c'est tout. Celui qui m'a bousculée dans le bus s'attendait à ce que je le bouscule. C'était ce que j'étais censée faire ; ce n'est qu'un jeu. On rencontre les gens les plus formidables à New York. ... Claudine pinça la bouche. " Oui, eh bien je n'aimerais pas me retrouver mêlée à tous ces Italiens et ces Portoricains. Dans un restaurant, un jour, j'ai tourné la tête et j'ai vu une femme noire qui déjeunait à côté de moi, juste à côté de moi. Je savais qu'elle en avait le droit, bien sûr, mais ça m'a quand même fait un de ces chocs ! - Elle t'a agressée d'une manière ou d'une autre ? - Je pense bien que non ! Je me suis tout de suite levée et je suis partie. - Tu sais, dit Jean Louise d'une voix douce, il y a de tout, dans cette ville, tout ce qu'il faut pour faire un monde. " - Mais on n'a pas conscience de leur présence. On travaille avec eux, on mange avec eux et grâce à eux, on prend le bus avec eux, et on ne les remarque pas, à moins de le vouloir. Je ne me rends jamais compte qu'un gros type noir est assis à côté de moi dans le bus jusqu'au moment où je me lève pour descendre. On ne les remarque pas, tout simplement....

    Page 261 ... Pourquoi suis-je revenue ici ? Juste pour remuer le couteau dans la plaie, j'imagine. Juste pour voir le gravier dans le jardin où se trouvaient les arbres, où se trouvait le garage, et me demander si je n'avais pas rêvé...

    Harper LEE en écrivant ce bouquin nous démontre à quel point le temps qui passe n'arrange vraiment rien aux problèmes raciaux. Notre héroïne, Jean Louise se voit confrontée effectivement à son retour à Maycomb à des opinions et des changements qu'elle ne comprend pas du tout et qu'elle réfute absolument... Un livre épatant à lire... Il laisse le lecteur pantois et le fait réfléchir sur la nécessité d'accepter l'autre avec ses différences.

    Va et poste une sentinelle de Harper LEE

     Nous sommes dans l'avenir de cette histoire et facilement nous pouvons réaliser à quel point nous avons encore du chemin à parcourir pour user de tolérance envers notre prochain.

    UN LIVRE A LIRE

    Une citation sur le racisme pour conclure

    Ils ne savent pas que c'est leur infériorité mentale qu'ils démontrent lorsqu'ils veulent prouver leur supériorité raciale. 

    Edgar Morin 

     

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