• Pour l'amour d'une île de Armelle Guilcher

    Pour l'amour d'une île

    Pour l'amour d'une île de Armelle Guilcher

    Armelle Guilcher est une retraitée, elle vit et écrit en Bretagne. Pour l'amour d'une île est son premier roman paru en 2014 aux éditions Nouvelles Plumes. Je me suis procuré ce roman chez mon libraire habituel à la Haye dans le rayon Pocket Editions de Noyelles. J'aime lire les gens qui aiment la mer autant que je l'aime, c'est le cas, je suis comblée.

    Résumé de l'histoire : " Elle s'appelle Marine. Un prénom qui évoque sa passion, la mer. Cette mer qui entoure la petite île bretonne où elle est née et a grandi, jusqu'à la mort brutale de ses parents. Devenue médecin, Marine décide de retourner sur l'île perdue dans les brumes, au milieu des écueils qu'elle aime tant. Mais les mois passent et elle ne parvient pas à amadouer les habitants pour le moins distants. Les patients restent rares et l'hostilité est palpable. Une hostilité qui semble trouver sa source dans l'histoire familiale, ne laissant au "nouveau docteur", au bord du découragement, d'autres choix que de raviver le passé pour comprendre. Au risque de rouvrir des blessures enfouies. "

    Je classerai ce livre dans les bons livres de vacances ce qui n'est pas péjoratif du tout, simplement à travers l'histoire de Marine qui tâche tant bien que mal de se faire accepter par les Iliens en tant que médecin, je me suis prise au jeu m'imaginant dans cette île entourée d'une mer très versatile mais toujours belle, tantôt plaisante, tantôt grognon, tantôt terrifiante selon les humeurs du temps. Les descriptions de l'océan sont exactement telles que je les décrit souvent moi-même. Nous en avons la même vision. Elle a le petit plus de l'écrivain qui sait toucher le coeur du lecteur.

    Marine et son île car c'est l'île où elle est née, l'île où elle est venue régulièrement passer ses vacances avec son grand-père adoré et son frère, racontés tous deux en flash-back dans une grande partie du livre, il faut bien que l'auteure nous dise ce que furent les premières années de la vie de son héroïne pour comprendre sa vie d'adulte. C'est une gamine droite, affectueuse et tétue, très tétue. Ce sera une adulte un peu solitaire mais bien sous tous rapports et surtout bien dans sa tête.
    Elle aime la mer, elle aime son île et elle en parle bien. On ne sait pas qu'elle est le nom de cette île.. à nous de l'imaginer, si on connaît un peu la Bretagne et tout ce qui lui est rattaché, on peut alors le deviner.

    Marine vient donc s'installer dans cet environnement particulier où elle aura quelques difficultés à se faire accepter.. car les Iliens ont la rancune tenace et le passé des parents du nouveau docteur est resté ancré dans certaines mémoires autant que les beaux souvenirs et ceux plus tristes de sa jeunesse.

    P.239 extrait : ... Aujourd'hui, mûrie par ces divers éléments, Marine était devenue médecin, sans vocation et sans altruisme. Mais elle se connaissait assez pour savoir qu'elle accomplirait sa mission avec la rigueur voulue.

    J'ai retenu quelques extraits.. il a fallut choisir et ça n'a pas été simple comme toujours..

    p.15 extrait : " ... Elle sortit sur le quai. La mer était partout. Elle percevait son murmure. Un volet s'entrebâilla dans la maison contiguë à la sienne. Epiée, jaugée, tel serait désormais son quotidien. En venant sur cette île, elle se doutait que sa vie personnelle serait particulièrement exposée... "

    P.57 extrait : " ... Les lumières du port mettaient leur touche de confort dans la rigueur de la nuit. A moins de deux heures de bateau du rivage se détachait une ligne plus sombre, barrant la grisaille des ténèbres : une île, mon île, plate et nue, assaillie par les tempêtes, arrosée par les embruns, malmenée par les marées qui se jouent d'une proie facile face à leur fureur insatiable, terre ingrate, de plus en plus désertée par les jeunes. Seuls les anciens, moins exigeants, y survivent du produit de leur pêche et des quelques légumes résistant au vent et au sel marin... "

    P.79 extrait : " ... Une silhouette sombre, une Ilienne en costume de deuil, triste et monacale, traversa le quai et fut happée par le crépuscule naissant. On ne distinguait plus les contours du continent, pourtant proche, et on se serait cru sur un navire à la dérive, au milieu d'un océan inhospitalier guettant sa proie avec délectation. La corne de brume vomit soudain un meuglement sourd et ce son monocorde et lugubre accentuait l'étrangeté de l'endroit, développait dans le coeur une angoisse indicible... "

    P.94 extrait : " ... Je m'étais machinalement dirigée vers le littoral, là où nulle habitation ne heurtait le regard. Rien n'altérait la profondeur du silence, rien, sinon mes pas sur la terre durcie du chemin. La luminosité d'une journée sans douceur ni trop grande froidure déclinait, remplacée par la nuit. Les bateaux de pêche qui regagnaient le port bousculaient la quiétude de l'océan. Sur les quais, quelques promeneurs savouraient ce qui était pour moi, et peut-être pour eux, ce moment unique entre chien et loup... "

    L'histoire en général m'a bien plue, j'ai trouvé que ce roman était bon mais j'ai particulièrement apprécié les passages où l'auteure nous parle de la mer.. j'ai le même ressenti c'est curieux et troublant à la fois.

    P.64 extrait : " ... Je frissonnai à l'évocation de l'abîme qui se mouvait sous nos pieds. De quelles créatures fantastiques, de quels monstres abominables était-il peuplé ? Y rencontrait-on la sarabande macabre des noyés qui hantent les profondeurs sous-marines ? Fascinée par cet élément sans cesse en mouvement. J'entendais des plaintes déchirées, des cris de terreur, des imprécations... Mais non, ce n'était que le bruit du moteur ahanant quand la vague déferlait. Je distinguais même des mains décharnées, tendues vers nous, les vivants, comme si nous incarnions le salut, leur salut... Mais de n'était que l'écume blanchâtre traçant le sillage du bateau... "

    j'ai revu mes quelques connaissances en langue bretonne (phrases et expressions rudimentaires très utiles à savoir puisqu'on la parle de plus en plus là-bas)... un bon point que cette traduction en bas de page car la langue n'est pas simple et si éloignée du français.



    il y a tous les ingrédients pour faire un bon bouquin.. l'amour d'une terre et de sa culture, la nostalgie, la tristesse, l'espoir, l'amour, la joie et un peu de mystère tout cela à petites doses, j'aurais aimé que ce récit soit juste un petit peu plus pimenté. Mais je l'ai beaucoup aimé.

    Je le conseille donc avec plaisir

    Pour l'amour d'une île de Armelle Guilcher

    J'ai toutefois été étonnée, même s'il s'agit d'un roman, de lire par deux fois que les nationalistes bretons collaboraient pendant la dernière guerre mondiale ? je ne sais pas si ça va plaire à tout le monde.Pour l'amour d'une île de Armelle Guilcher

    Tempête

     

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