• Portrait de femme à la tête de chien de Marylinn Maurage

    PORTRAIT DE FEMME A LA TETE DE CHIEN de MARYLINN MAURAGE

    Portrait de femme à la tête de chien de Marylinn Maurage

    Roman édité chez in octavo Editions

    Née à Lorient, d'une Bretonne et d' un "gars de la Royale", Marylinn Maurage est enseignante en lettre. Tout en essayant d'apprivoiser des moutons sauvages d' Ouessant et des élèves de BTS (moins sauvages),  elle tente de domestiquer les mots... et les maux de ses contemporains. Son premier roman Mirgrateur (L'Argarnier) est salué par la critique pour son ironie, la nervosité du style et de l' allégresse du récit pour Portrait de femme à la tête de chien, la romancière a choisi Paris, le plus urbain des décors, le plus sauvage aussi (repris sur la couverture du livre).

    Illustration du livre Babette Le Gac

    Ce bouquin ? un plaisir... une belle écriture... une énergie qui me convient... Marylinn Auteure rencontrée dans le salon des dédicaces des PIEUX (50) un beau jour de ciel bleu en hiver... très agréable jeune femme dont j'apprécie l'imagination.

    Voici donc mes observations personnelles et des extraits du bouquin que j'ai dévoré longtemps après me l'être procuré.. pourquoi ? no sé ! mais j'ai eu tort.

    ----------------

    Manon (notre héroïne) a loupé sa présentation au capès... toute une histoire !!! Tessa sa meilleure amie en est à l'oral... quand on loupe le jour, l'heure de l'exam c'est quand même la panique, racontée par Manon (Marylinn Maurage) c'est drôle, très drôle même.

    Bon Tessa a besoin d'être remplacée, baby-sitter ça te va ? tant pis tu vas le faire quand même pour me filer un coup de mains, Manon n'a pas l'habitude... extrait page 37 - Je suis seule avec deux ouistitis mâchouilleurs de gâteaux. En tant que fille unique, je ne connais strictement rien aux ouistitis mâchouilleurs de gâteaux. Pour me consoler, je me dis qu'à quatre et cinq ans, j'échappe au moins aux couches, aux biberons et aux bodies à boutons pression qui refusent de s'ouvrir.

    Tessa prétend......... Je suis d'une ignorance totale. Je n'ai même jamais eu de vagues neveux tardifs pour m'entraîner. On ne se reproduit pas beaucoup dans ma famille. Pour l'instant, les deux ouistitis, la truffe absorbée par l'écran, m'ignorent...

    ---------------

    l'écriture est moderne, enlevée et énergique, ce bouquin ne va pas être triste je le sens. Manon cherche à tous prix un job qui va lui permettre de survivre sans le capès, elle va donc chercher du boulot chez son intérimaire préférée... ah je n'écris pas l'extrait mais franchement les explications l'arrivée dans le bureau où Manon a l'habitude de retrouver toujours la même personne pour demander un job... est superbe ! à lire absolument !

    Finalement elle va se retrouver à faire des travaux de jardinage ... savoureux jeunes ouvriers au boulot craquant pour Manon !!! savoureux passage également. Puis le hasard fera qu'elle va parler et se faire repérer par un type qui l'embarque dans une radio qui manque un peu de peps. Elle va en mettre, l'air de rien, elle va devenir le fameux bouledogue animateur "d'occasion" qui va faire le buzz !!! Une chroniqueuse "énervée" qui va faire monter une nouvelle émission dans les sondages.

    ---------------

    2ème extrait : (Manon est "embauchée" pour jouer le rôle d'une chroniqueuse "énervée" et cinglante (le fameux bouledog du dessin) qui a "les crocs". Elle mène le jeu avec les invités d'une radio qui cherche à tout prix à faire le "buz" Les auditeurs s'enflamment, Manon a accepté le job mais ça n'est pas dans son caractère d'être incisive autant.

    VIII - CANINES - PAGE 83 - Ma deuxième émission vient de s'achever, je suis assise dans l'un des fauteuils bas qui ornent le bureau du boss. Il est au téléphone, j'allume une cigarette et j'essaie de me souvenir précisément de qui vient de se passer.

    Mais une émission de radio, c'est bizarre, Dès que surgit la lumière rouge, le temps devient incontrôlable. Tout va trop vite. Soudain, on se sent dans le vif du sujet, mais on ne mesure pas exactement ce que l'on dit. Par instants on croit entendre l'écho, la réverbération des phrases que l'on prononce... et elles semblent, à ce moment précis totalement dénuées de force. Pour fuir cette sensation, on plonge à nouveau dans le vif du débat. Quand l'émission s'achève, il reste la sensation d'avoir lutté, de nuit, à pied, pendant des heures, contre une tempête de neige sur une route sinueuse et montante.

    On sort de l'aventure hagard, épuisé, incapable de faire un bilan. Stupeur mentale, j'ai mal partout comme si je venais de courir un semi-marathon.

    Dur métier que celui-ci qui ne la satisfait pas vraiment et qui l'inquiète quand même il faut bien le dire et il y a de quoi car au fil des pages Manon va devenir une star à qui l'on va demander des autographes et que l'on va soit encenser soit descendre au plus bas ... dure loi de la notoriété encore faut-il être allée la chercher cette notoriété ce qui ne pas le cas de cette jeune fille qui voudrait finalement s'en débarrasser.

    -----------

    J'aime particulièrement ce passage

    VIII - Canines - page 90

      A quoi m'a servi cette histoire ? Toutes les aventures ont un sens.

    Grâce à lui, j'ai expérimenté pour de vrai la douleur d'une histoire ratée. Et je sais maintenant qu'il existe des corps dont on ne découvre jamais la signification, des peaux qui ne nous donnent pas la sensation de toucher l'infini. Le temps ne fait rien a l'affaire, on ne peut pas s'habituer. Toujours la même impression d'étouffement, d'encombrement, car celui qui n'est pas situé à la place exacte du désir ne sera jamais qu'un ennemi. De tous ses orifices s'échappe comme une menace d'odeurs nauséabondes.

      Je remarque un Hindou qui avance dans notre direction, un vendeur de fleurs qui porte une brassée de roses rouges et des collier blanc de jasmin, sourire immobile sur les lèvres. Travelling au ralenti quand il nous croise. Sa main s'est soulevée au-dessus de la palissade de verdure, ses doigts se sont ouverts. Un collier de jasmin a glissé sur mes doigts. "Pour toi"; a-t-il dit en continuent sa marche lente, sans plus me regarder.

    Quand je suis rentrée à l'appart, même Attila a pousser des honk honk honk joyeux et amoureux en faisant le tour de mes pieds.

    C'est peut- être ça, le succès, une crise de gentillesse qui s' empare de l' univers entier qui vous entoure.

    -----------

    XVI - Louve Enervée - pages 168 169

    D' après Freud, l'humour, appliqué à soi-même,constitue le plus adapté des mécanismes de défense. On peut en user sans limite.

    Je me souviens qu'avec Tessa, l'hiver dernier, l'une de nos activités préférées était la traque de nos mécanisme de défenses respectifs. Dans nos conversation courantes, sa donnait ce genre de 

    dialogue:

     -Moi : on va pas faire tous les brocanteurs de Paris, il y en a marre de ton Activisme.

     -Elle : toi, tu devrais surveiller tes tendances au Retrait apathique

     -Moi : t' exagères... je pratique seulement le Refuge dans la rêverie.. de temps a autres.

    Au bout de deux mois d'entraînement, Tessa s' est lassée de l'exercice, elle m' a regardée droit dans les yeux,elle a déclaré péremptoirement. "Faut qu'on arrête de gamberger. Faire la liste de nos mécanismes de défense n'est qu 'un mécanisme de défense qui nous conduit a ne rien faire."

    -----------

    Je me suis régalée Marylinn nous offre de l'énergie drôlement exprimée par de bons mots, de l'humour et la découverte des aléas d'une star de la radio, star contre son gré... Une bonne histoire solide et bien rythmée ! 

    Je vous conseille fortement la lecture de ce livre épatant.

     

    Tempête

    Si vous aimez cet artile, partagez-le sur Facebook : partagez merci
    Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :