• POESIES ESTHER GRANEK

    Je veux résister moi aux horreurs et aux injustices de ce monde où je vis, je veux rêver et découvrir les poètes d'antan et ceux de maintenant, j'ai de la chance il y en a de merveilleux oui j'ai de la chance j'ai encore du temps devant moi pour le faire. En lisant Esther GRANEK j'ai décidé de la mettre à l'honneur dans cette page.
     
    Esther GRANEK

    Une poétesse belge de langue française. Auteur-compositeur de chansons, poèmes, ballades, textes d’humeur et d’humour, elle a publié plusieurs recueils.

    Esther  GRANEK

    Née à Bruxelles le 7 avril 1927, et morte à Tel Aviv le 9 mai 2016, c'était une autodidacte du fait des lois antijuives durant l’Occupation. Elle habitait en Israël depuis 1956 et a été employée à l’Ambassade de Belgique à Tel-Aviv aux fonctions de secrétaire-comptable durant 35 ans. La décoration civique de première classe lui a été décernée en récompense de la qualité de son travail. Certains de ses poèmes ont été dits à la Radio-Télévision belge en 1988. (source d'informations wikipédia)

     Esther  GRANEK
    Rêves Recueil : "Portraits et chansons sans retouches"
     
    Je te vois t’accrochant aux rêves.
    Triste et dur sera ton réveil,
    car poursuivant de faux soleils,
    en eux se dessèchera ta sève.
    En toi tu sais vivre par coeur
    à force d’imagination.
    Tristes et dures seront les heures
    te ramenant à la raison.
    Tu vas, t’inventant des images,
    inversant les réalités.
    Triste et dur sera le voyage
    qui vient parfois te réveiller.
    Eh bien, qu’il me soit triste et dur !
    Encor j’en veux payer le prix,
    et que mes rêves ne soient finis !
    Par-delà mes réveils, qu’ils durent !
     
    Esther GRANEK - 1976
    Esther  GRANEK
    Après l’Homme
     Après l’Homme, après l’Homme,
     Qui dira aux fleurs comment elles se nomment ?
     Après l’Homme, après l’Homme,
     quand aura passé l’heure de vie du dernier Homme.
     Qui dira aux fleurs
     combien elles sont belles ?
     N’y aura de coeur
     à battre pour elles.
     Après l’Homme, après l’Homme,
     que sera encore le mot “merveilleux” ?
    Après l’Homme, après l’Homme,
     quand le dernier des hommes aura vidé les lieux.
     Qui dira de la Terre
     Qu’elle est sans pareille
     et que dans l’Univers
     elle est fleur de Soleil ?
    Après l’Homme, après l’Homme…
    Viens-t’en donc pour lors,
     viens-t’en donc l’ami,
     et chantons encore
     le jour d’aujourd’hui.
    De la pensée aux mots, 1997
    Esther  GRANEK
     
    Esther  GRANEK
     Promenade
     
    Un banc, des coteaux,
     des fleurs, une treille,
     rayons de soleil
     me chauffant le dos.
     Des troncs noirs et hauts.
     Émois du matin…
     Que je me sens bien !
     
    Bocages, ramures.
     Un toit qui rassure.
     Abri où je dure.
     Du rêve. Un piano.
     Des livres à gogo.
     Pour moi un festin !
     Que je me sens bien !
     
    Et quittant la rade,
     parfois en balade
     ou en randonnée,
     je prends le sentier,
     coeur et pied légers.
     Appel quotidien…
     Que je me sens bien !
     
    S’allongent les lieues.
     Au vent mes cheveux.
     Fatigue aux mollets.
     Un coin oublié.
     Un silence ailé.
     Gazouillis soudain…
     Que je me sens bien !
     
    Des baies, des épines.
     Et l’air qui burine.
     Odeurs de résine
     et de chèvrefeuille.
     Un saut d’écureuil.
     Soleil au déclin…
     Que je me sens bien !
     
    Chemin du retour.
     Rougeoiement du jour.
     Et paix alentour.
     Au loin en beauté,
     mon toit, mon grenier.
     En moi un refrain…
     
    Que je me sens bien !…
     Que je me sens bien !…
     Que je me sens bien !…
     Que je me sens bien !…
     
    Esther Granek, De la pensée aux mots, 1997
    Esther  GRANEK

    Esther  GRANEK
    Saisir l’instant
    Esther GRANEK
    Recueil : "Je cours après mon ombre"
     
    Saisir l’instant tel une fleur
    Qu’on insère entre deux feuillets
    Et rien n’existe avant après
    Dans la suite infinie des heures.
    Saisir l’instant.
    Saisir l’instant. S’y réfugier.
    Et s’en repaître. En rêver.
    À cette épave s’accrocher.
    Le mettre à l’éternel présent.
    Saisir l’instant.
    Saisir l’instant. Construire un monde.
    Se répéter que lui seul compte
    Et que le reste est complément.
    S’en nourrir inlassablement.
    Saisir l’instant.
    Saisir l’instant tel un bouquet
    Et de sa fraîcheur s’imprégner.
    Et de ses couleurs se gaver.
    Ah ! combien riche alors j’étais !
    Saisir l’instant.
    Saisir l’instant à peine né
    Et le bercer comme un enfant.
    A quel moment ai-je cessé ?
    Pourquoi ne puis-je… ?
     
    Esther  GRANEK 1981
    Esther  GRANEK
     
    Abri
     
    Dans les lignes de ta main
    Pour me plaire j’y veux voir
    Que rien ne nous sépare
    Et qu’avons même destin.
    Dans les lignes de ta main
    Je découvre en cherchant
    Les signes bienfaisants
    De ce qui me convient.
    Dans le creux de ta paume
    Où ma main se blottit
    Je retrouve mon abri
    Doux et calme. Comme un baume.
     
    Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978
    Esther  GRANEK
    Esther  GRANEK
     
    Bien dans sa peau
     
    Paraît que pour être au plus haut
    faut se sentir bien dans sa peau.
    Si donc nous nous y sentons mal
    ça peut nous bouffer le moral
    et c’est porte ouverte aux dégâts…
    Aussi soyons de notre temps
    car qui voudrait tels embarras ?
    Solutionnons en nous soignant
    Ché pas si j’ai bien expliqué.
    P’têt’ qu’un ajout peut y aider…
    Paraît que pour s’épanouir
    avant tout faut se définir.
    S’adore-t-on ? Quand ? Et comment ?
    Se déteste-t-on mêmement ?
    Si c’était les deux à la fois
    (car connaît-on ce qu’on engrange ?)
    faut en situer les pourquoi
    et clarifier un tel mélange.
    Ché pas si j’ai bien expliqué.
    P’têt’ qu’un ajout peut y aider…
    Paraît que pour être serein
    faut pas jouer au p’tit malin.
    N’hésitons pas à exposer
    ce qui en nous fut enterré
    dans les entrailles du non-dit
    depuis peu, ou des décennies,
    et qui pourtant respire encore
    causant en nous le plus grand tort.
    Ché pas si j’ai bien expliqué.
    P’têt’ qu’un ajout peut y aider…
    Paraît que pour tourner le dos
    aux dépressions et autres maux,
    faut réparer là où ça craque.
    Si vous pensez : “J’en ai ma claque.
    Je me croyais hier un génie
    et moins qu’une merde aujourd’hui”,
    pour vous sortir de ce micmac
    au plus tôt videz votre sac.
    Ché pas si j’ai bien expliqué.
    P’têt’ qu’un ajout peut y aider…
    Paraît que pour s’équilibrer,
    en soi autant qu’en société,
    les procédés courent les rues.
    Y’a qu’à mettre son âme à nu
    et décortiquer sa substance.
    L’implication de mille traits
    s’entremêlant en permanence
    ne devrait pas vous affoler…
    Ché pas si j’ai bien expliqué.
    P’têt’ qu’un ajout… ?
     
    Esther Granek, Synthèses, 2009
    Esther  GRANEK

    Jean-Baptiste Singelée, né à Bruxelles le 25 septembre 1812 et mort à Ostende le 29 septembre 1875, est un violoniste, chef d'orchestre et compositeur belge de la période romantique.   source Wikipédia

    Esther  GRANEK 

    Musique superbe : Claude Delangle y Juan Antonio Ramírez - Singelée · Grand Duo Concertant, op.55, II. Andante.

     

     

     

     

     

     

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  • Commentaires

    4
    ana
    Jeudi 29 Mars à 18:43

    Esther Granek, elle est très special pour moi.  J´aime bien ses poèsies et...c´est grace a elle que j´ai trouvée votre blog, ou j´ai mis, son poème: "Contradictions",  que je venais de "decrouvrir" ce jour là.

    Merci chère Babou! 

     

      • Vendredi 30 Mars à 08:55

        Je n'ai pas retrouvé votre commentaire mais j'ai recherché " Contraditions "

        Contradictions
        Esther Granek

        Ils cohabitent en moi.
        Se battent sans qu’on le voie :
        Le passé le présent
        Le futur et maintenant
        L’illusion et le vrai
        Le maussade et le gai
        La bêtise la raison
        Et les oui et les non
        L’amour de ma personne
        Les dégoûts qu’elle me donne
        Les façades qu’on se fait
        Et ce qui derrière est
        Et les peurs qu’on avale
        Les courages qu’on étale
        Les envies de dire zut
        Et les besoins de lutte
        Et l’humain et la bête
        Et le ventre et la tête
        Les sens et la vertu
        Le caché et le nu
        L’aimable et le sévère
        Le prude et le vulgaire
        Le parleur le taiseux
        Le brave et le peureux
        Et le fier et le veule…
        Pour tout ça je suis seul.

        Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978

        Merci Ana de m'avoir rappelé cette poésie que j'aime vraiment beaucoup.

        A bientôt je vais répondre à votre mail bien arrivé. Amitié.

    3
    Jeudi 29 Mars à 12:07

    Bonjour chère Babou,

    Merci de mettre à l’honneur ma compatriote.

    Je connais ses poèmes, un que j'adore, "Toi".

    Par contre Jean-Baptiste, j'ai honte, inconnu au bataillon !

    Je vais m'intéresser à son cas.

    Merci, tu as choisi de très beaux poèmes.

    Il y a des gens bien chez nous, mais il y a aussi des cons !

    Bonne journée, bisous et mon amitié

      • Vendredi 30 Mars à 09:08

        Oui Mousse voici le texte entier de la poésie que tu aimes

        Toi - Esther Granek

        Toi c’est un mot
        Toi c’est une voix
        Toi c’est tes yeux et c’est ma joie
        Toi c’est si beau
        Toi c’est pour moi
        Toi c’est bien là et je n’y crois
        Toi c’est soleil
        Toi c’est printemps
        Toi c’est merveille de chaque instant
        Toi c’est présent
        Toi c’est bonheur
        Toi c’est arc-en-ciel dans mon coeur
        Toi c’est distant…
        Toi c’est changeant…
        Toi c’est rêvant et esquivant…
        Toi c’est pensant…
        Toi c’est taisant…
        Toi c’est tristesse qui me prend…
        Toi c’est fini.
        Fini ? Pourquoi ?
        Toi c’est le vide dans mes bras…
        Toi c’est mon soleil qui s’en va…
        Et moi, je reste, pleurant tout bas.

        Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978

        Je suis contente que tu l'as connaisse. Et oui il y a des gens bien partout et c'est bien à ceux-là qu'il faut s'adresser. Merci Mousse. Bon après-midi et à demain chez toi. Bises.

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