• Notre grand-mère maternelle, notre mamie, est partie à l'âge de 89 ans. Mes souvenirs ne sont que des souvenirs de tendresse et d'amour. Elle a toujours adoré  ses petits enfants et ses arrières petits-enfants. Sabine et Xavier pourraient témoigner de l'affection qu'elle leur portait mais je sais qu'eux aussi l'aimaient très fort. Ma grand-mère a  vécu à Colombes dans cet immeuble et nous venions la retrouver pendant quelques jours de nos vacances annuelles alors que nous habitions au Maroc puis en Algérie. C'était maman, mon petit frère Noël et moi qui restions chez elle pour dormir pendant que papa et mon frère aîné Patrice allaient chez ma grand-mère paternelle (ma petite soeur n'était pas encore née). Ainsi mes parents profitaient chacun de leurs mamans et nous de nos grands-mères. 

    Visites chez Mamie

    Visites chez Mamie,

    J'ai souvenir des visites chez ma grand-mère,
    un immeuble cossu, en banlieue Parisienne.
    Nous traversions la cour vers une entrée austère,
    sous le regard méfiant d'une méchante gardienne.

    Un vestibule soigné qui sentait l'encaustique,
    et des boîtes à courrier à l'aspect bien vieilli.
    Entrées dans l'ascenseur déjà plutôt rustique,
    tout comme un escalier protégé d'un tapis.

    Dans un vacarme d'enfer.. direction.. l'paradis !
    Tout au bout du palier on l'entendait chanter :
    Vous m'avez tant manqués mes petites chéries !
    Puis elle nous saisissait sans vouloir nous lâcher.

    Une marée de baisers en une étreinte folle,
    la porte se refermait, l'amour avait un toit.
    Elle ne lâchait nos mains que pour les empêcher
    de repartir trop vite ce qu'elle ne voulait pas.

    Y'avait ce meuble en bois pour ranger les souliers,
    sur la porte une patère, une gravure, un judas,
    et nous entrions-là dans la salle à manger,
    où la table dressée attendait le repas.

    Le lit toujours drapé d'un tissus vert-olive,
    entouré de tablettes garnies de porcelaines
    où prônaient des photos qui la rendaient pensive
    et puis la bonbonnière et la  poupée de laine.

    Sur sa machine à coudre, la coupe de cristal
    garnie toujours de fruits pour ne pas en manquer..
    et puis la ballerine faisant son "festival"
    au creux d'une bouteille remplie de pousse-café.

    Dans son appartement, pas un seul recoin,
    qu'importe nous trouvions toujours où nous placer.
    Nos visites étaient rares, nous habitions si loin
    et la voir rarement nous mettait en gaieté.

    Un jour, une nuit ensemble un petit bout d'histoire,
    couchées comme on pouvait en se serrant beaucoup.
    Le soir lumières éteintes, commencaient les bonsoirs :
    - mes lapins, mes p'tits coeurs, mes ti-choux mes chéris.

    Puis départ au matin, papa et les garçons
    venaient nous retrouver et nos yeux se mouillaient.
    Nous avions du chagrin de cette séparation,
    nous écririons, promis mais il fallait aller !
     
    Elle manquait à maman, elle nous manquait aussi.
    C'était il y a longtemps, aujourd'hui elle repose
    au petit cimetière d'un village fleuri,
    où elle se promène dès que le soir se pose.

    Catherine Pallois - Marthe des Monts - Tous Drois Réservés

     

     

    Tempête

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