• Marie Le prix de la Liberté de N.Mousselet et B.Moutard

    MARIE LE PRIX DE LA LIBERTE

    Marie Le prix de la Liberté de N.Mousselet et B.Moutard

    de Nadine MOUSSELET et Bruno MOUTARD éditions EPONA

    La jeune héroïne de cette longue et folle histoire, tout juste remise d'un  chagrin d'amour dévastateur, rencontre un personnage qui va l'aider à se sortir de son cauchemar..
    On croit d'abord à une aventure régionale et très vite on file vers la capitale, si belle. Puis les auteurs nous transportent en Autriche et nous découvrons ce pays, en touristes.
    La véritable histoire, celle qui prend aux tripes, commence en Turquie puis en Syrie et nous fait aborder le sujet le plus brûlant dont l'actualité nous rabat les oreilles c'est vrai mais nous sommes tellement concernés... l'idée est très bonne de nous entraîner au coeur de cette guerre épouvantable car elle me fait apprécier ma position de femme libre d'abord et vivant dans un pays sûr... et oui si l'on compare !

     Je tiens à préciser ce cette page a été écrite avant les terribles attentats de Paris, finalement notre pays n'est pas si sûr hélas.

    Marie est un personnage très attachant tout autant que chacun des protagonistes venus se greffer au fil de l'histoire. J'ai retenu quelques extraits :

    Page 11 – Le nid douillet devint insidieusement une cage pour oiseau blessé ne croyant plus à son premier envol. Elle se contentait de lisser ses ailes, de se faire belle. Elle qui avait des rêves d'évasion plein la tête. Elle qui perdait son regard loin sur l'océan, blanchissant la baie vitrée de sa buée en suivant les virevoltes des mouettes et autres goélands, et arpentait par l'esprit le pont de ces bateaux blancs sur le bleu entêtant...

    Page 26 – En effet, les yeux de Marie s'arrondissaient de plus en plus. Puis ce fut au Grand Palais de style Beaux-Arts et sa verrière d''être l'objet de l'extase du chauffeur définitivement épris de sa chère capitale. Enfin, ils débouchèrent sur l'Artère. Le joyau. La rivière de diamants. Les Champs-Élysées...

    Page 39 – Le cœur de Marie manqua un battement avant de s'accélérer. Elle s'abandonna un fauteuil qui lui tendait les bras. Son avenir était là. Collé à son oreille. Sa bouche s'asséchait au fil des secondes. Elle se perdait parmi les imprimés de fleurs des champs du tablier.

    Apprentissage et découverte de l'Autriche avec Didier

    Page 48 – Vienne ! Vienne l'Impériale. Sa cathédrale, ses musées, son opéra, ses châteaux, son Danube, et, l'aspect le plus glamour qu'une jeune femme puisse trouver lors de son premier voyage : Sissi Impératrice, admirablement interprétée par Romy Schneider dans trois films inoubliables. «  Vienne ! Me voici ! «  s'était écriée Marie lorsqu'elle débarqua à l'aéroport Vienne-Schwechat ce mardi matin à neuf heures dix. Sur le tarmac, Didier avait expliqué à Marie le choix de la classe économique pour ce vol Air France plutôt que la classe affaires, alors qu'il restait des sièges disponibles. Marie, elle, ne s'était pas posé la question.

    Puis la Turquie et changement catégorique de programme, nous ne sommes plus des touristes... Didier en fait, recherche sa petite soeur Lucie embarquée dans la guerre épouvantable perpétrée par Daech contre les impurs c'est-à-dire ceux qui n'appliquent pas à la lettre les lois islamiques. Unie à Akim en qui elle a d'abord toute confiance mais qui se révèle très vite un fou de Dieu, un fou de violence, elle se retrouve prisonnière et soumise à son tyran et bien sûr, convertie de force au Djihad.. Page 238 " Fin du rêve, Shéhérazade n'était plus.. "

    Page 63 – Et ce n'est pas Istanbul. Demain après-midi, le contraste va te paraître brutal. La Sublime Porte est certes sublime, mais d'autres aspects sont... Enfin, tu verras bien. En prononçant cette dernière phrase. Marie avait cru percevoir une once de crispation dans le ton comme sur le visage. Était-ce une simple impression ? Une ultime bouchée de gâteau au chocolat eut raison de ses vaines questions...

    Page 71 – Homme et femme dans ces pays, des relations délicates, même en ville. Dans les campagnes, le cloisonnement était encore plus marqué. Les traditions avaient la vie dure et malheur à celles qui voudraient, à l'image des citadines plutôt émancipées, se vêtir d'une jupe courte, d'un pantalon et abandonner au vent venu de l'ouest une chevelure libre de toute entrave. A Istanbul, c'était encore permis.

    Page 104 – Memet roulait ses yeux noirs sous des sourcils broussailleux. Il paraissait écartelé. Entre les ordres de Marie, l'envie qu'il avait de l'envoyer paître d'autres prairies, la menace d'un coup de fil parisien et le poids des traditions, il se perdait. Marie insista. - Vous allez m'aider à dénicher des habits convenables et adaptés pour me rendre dans l'Est du pays. Je ne veux pas passer pour une Américaine chez vos amis.

    Page 126 – Traverser Istanbul à l'heure de pointe, un petit côté Mission Impossible... ils longèrent le parc Gülhane où se nichait le palais Topkapi, résidence des sultans du XVe au XIXe siècle. Palais, belvédères, kiosques, dominaient le Bosphore jusqu'au confins de la Corne d'Or. La bibliothèque, somptueuse, le hammam, splendide, les cours, les patios plus beaux les uns que les autres. Memet était intarissable. La fierté lui colorait les joues et accentuait le débit de ses mots.

    Et la guerre... la guerre... la guerre qui enflamme les régions que l'on traverse en craignant les pires horreurs que tant d'autres dans la vraie vie subissent.

    Arrivée à Suruç

    Page 163 – Marie respirait à peine. La chaleur, la fatigue, le flou de l'apparition, la surprise aussi. En effet, elle ne s'attendait pas à un site tel que celui-ci. Les images des campements roms, ceux des migrants de la jungle à Calais et les camps de fortune des rescapés de Lampedusa, l'avaient profondément marquée. Or, ici à portée de mortiers de la frontière syrienne, rien de tel. Pas de tentes hétéroclites et rafistolées, pas davantage de cartons ou de plastiques cloués aux madriers, ni de tôles ondulées. Les tentes étaient toutes identiques, blanches, parfaitement alignées. Une ville éphémère née de l'urgence à accueillir les habitants de Kobani, ou des environs, fuyant désespérément le théâtre du conflit. Dans l'habitacle, Marie ne disait rien, impressionnée par l'immensité du lieu. ..

    Kobani

    Page 207 - … Surgissant de partout, habillés d'ombre et de terreur, armés jusqu'aux dents. Dans le faible halo de lune brillait, non pas les dents, mais le métal des Kalachnikovs et des lames de poignards. Pour le reste, le sombre des habits de guerre conjugué au noir des barbes drues les rendaient quasiment invisibles...

    La Syrie et l'enfermement de Didier pendant que Marie oeuvre de son côté

    Page 229 - Au fil du temps, des jours ou des nuits puisqu'il n'avait aucune idée des heures qui se suivaient dans l'horreur, les douleurs aux chevilles devenaient insoutenables. Les plaies étaient à vif... En quelques jours la geôle était infestée. Odeur d'excréments, les siens comme ceux de ses prédécesseurs, se conjuguaient aux remugles de son propre corps. Comment manger les soupes claires et  la semoule sans vomir ?

    Toutes les pages de guerre pure sont terrifiantes. Cette guerre dans laquelle nous sommes embarqués  est épouvantable et Dieu (quoiqu'à mon humble avis il ne puisse y faire grand chose) nous aide à ne pas tomber dans les pattes de ces monstres. C'est un bon roman et c'est du surcroît, une belle mise en garde adressée à toute une jeunesse vulnérable branchée sur les réseaux sociaux et qui serait hélas tentée par le Djihad, un phénomène qui semble prendre de l'ampleur chez nous et qui conduit toujours à des catastrophes humaines irrémédiables, enfin le plus souvent. Je rend grâce à Bruno Moutard Professeur de son état de servir ainsi une bonne cause bien que je n'ai aucune certitude sur le but recherché  par les auteurs du livre mais en filigrane on comprend bien que l'Islam ça n'est pas ça. Il s'agit avant tout d'un excellent roman d'aventure.

    Pour terminer... Venise est droit devant et je m'empresse de suivre Marie dans l'Orient-Express où je m'installe confortablement et d'où le second tome démarrera bientôt.

    J'ai été prise au jeu de cette lecture, vous savez cette envie de dévorer les mots pour savoir ce qui va se passer la page suivante...  et bien c'est vraiment ce qui m'est arrivé. Ah, j'ai adoré ! C'est vraiment un livre très bien écrit et je n'ai qu'une hâte à présent c'est de lire le tome 2

    MARIE, SUR LES TRACES D'AGATHA

     

    Une excellente lecture à conseiller vivement

     Marie Le prix de la Liberté de N.Mousselet et B.Moutard

    Lien du blog de B.Moutard intégré dans le livre.

    Le lien du blog de N.MOUSSELET est intégré ICI.

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  • Commentaires

    2
    Bruno Moutard
    Dimanche 20 Mars 2016 à 14:30

    Bon, et bien il n'y a plus rien à ajouter. Je suis honoré de tant de compliments. Ce livre est avant tout un prétexte pour évoquer le risque de cet Islam que l'on qualifie de radical. Il en existe un autre que, par obligation pour éviter toute comparaison, l'on se doit d'appeler: Islam tolérant... Merci encore. Marie tome 2  sera là dans 15 jours.

      • Dimanche 20 Mars 2016 à 17:06

        J'attends la suite des aventures de Marie avec grande impatience c'est donc pour bientôt j'en suis ravie. Vous qui êtes enseignant et donc entouré de jeunes gens j'espère qu'ils vous auront lu, vous avez très bien exprimé le danger qui les guette à se laisser berner par des pseudos guerriers d'une cause vide de toute gloire. Merci de votre message ici.

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