• Marie-Clémentine

    L'artiste peintre française Suzanne Valadon, de son vrai nom Marie-Clémentine Valade,  naît à Bessines-sur-Gartempe le 23 septembre 1865. Elle décède à Paris le 7 avril 1938. Elle est la mère de Maurice Utrillo.

    valadon1

    Suzanne Valadon a sans doute été l'unique amour de Erik Satie dont les morceaux ne convenaient pas avec ma poésie, j'ai par contre été très inspirée par Debussy et son merveilleux Clair de lune.

    Je suis une grande admiratrice de la vie et des oeuvres de Suzanne Valadon et de Maurice Utrillo et des peintres impressionnistes en général. Lors d'une promenade à Montmartre il y a bien longtemps, accompagnée de ma tante Pépé et de son petit fils Eric aujourd'hui disparus tous les deux, j'ai découvert les peintres de la place du Tertre. Je n'oublierai jamais cette ambiance particulière.

    "La couleur existe parce que notre oeil est constitué de telle sorte qu'il transmet au cerveau, sous forme de couleur, les diverses façons dont les corps absorbent et décomposent, suivant leur constitution chimique, les rayons lumineux qui les frappent. Toutes les proportions de cette absorption et de cette décomposition constituent les nuances. Donc cet organe impose à l'esprit sa manière de voir, ou mieux sa façon arbitraire de constater les dimensions et d'apprécier les rapports de la lumière et de la matière".
    lettre d'un fou guy de maupassant

    Pour Clémence, ma nièce. Parce que les plus grands ont tous commencé par le dessin et comme toi ils étaient passionnés.

    Marie-Clémentine,

    Sur la photographie une femme rêveuse
    la tête penchée au poids d'une vie laborieuse
    son visage frissonne sur le papier glacé
    lorsqu'elle me sourit, je suis hypnotisée...

    Sait-elle ce que je sais aujourd'hui de sa vie ?
    de ses joies, de ses peines dont elle fut meurtrie
    Une bien curieuse image d'où renaît à l'instant
    l'enfant qui barbouillait des croquis étonnants.

    Mais je ne rêve pas, ses yeux sont en éveil
    alors que les saisons demeuraient en sommeil,
    son âme m'accompagne aux peintres de lumière
    où je vais retrouver des figures légendaires.

    Guidée par son fantôme que seule j'imagine
    je me mêle à son ombre dont l'illusion fascine,
    au coeur de son village où se camouflent sages
    des jardins en terrasse qui invitent au voyage.

    C'est bien dans ce décor qu'on se perd en souffrance
    alors que l'on palabre en marché d'influences
    un sonnet contre un bail, une ébauche pour un pain,
    des artistes sans le sou qui se meurent de faim.

    Des peintres acharnés qui récoltent des miettes
    au lieu de déguster du moulin, la galette.
    Des nuits à se chercher des jours à s'épuiser
    en éternelle course pour la postérité.

    D'ateliers en bistrots circulent des discutions
    joyeusement enfiévrées animées de passion,
    de ces voix d'outre-tombe dont nous nous enivrons
    exultent les espoirs de cruelles ambitions.

    Mais à force d'exposer ses courbes généreuses
    au regard d'un Lautrec, rêve la blanchisseuse.
    Sous les doigts de Degas elle valse en beauté
    et Puvis et tant d'autres sauront la révéler.

    Voilà que nous marchons sur les pavés glissants
    au-dessous des nuages bousculés par le vent,
    nous frôlons la silhouette de ce fils tant aimé
    noyé dans sa folie d'absinthe absorbée.

    Sur les flancs de la butte où se trainent des vieilles
    elle me montre les nids parementés de treilles
    c'est là que croît heureuse la vigne enchanteresse
    sur cette terre fertile que les pinceaux caressent,

    en couches irisées traduisant la ferveur
    de teintes billebarées qu'expriment les douleurs.
    Quand ma vision s'estompe je la perd soudain
    loin dans l'éternité. C'est là qu'elle rejoint

    Marie-Clémentine, endormie pour longtemps.
    Tandis que Maria pose pour ses amants,
    sur la toile Suzanne enfin nous parlera
    et c'est de Valadon dont on se souviendra. 

    Si de cette balade je vous ai étonnés
    je vous serais bien aise d'en être impressionnés
    car si femme le veut, même aux hommes soumise
    peut sublimer son art qu'alors elle symbolise.

    Catherine Pallois - Marthe des Monts  C'était hier Tous Droits Réservés

    Marie-Clémentine Marie-Clémentine

    Suzanne Valadon photographie et autoportrait de 1927 au Musée Maurice Utrillo (son fils)

    Tempête

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  • Commentaires

    1
    Samedi 28 Décembre 2013 à 08:55

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    Anciens Commentaires

     

    1. poirier jean claude 02/11/2012

    Babou,je viens vous presenter mes amitiés du soir.J'adore votre poème et son histoire;j'adore Utrillo; si je me retourne je vois une copie d'une peinture d'Utrillo faiute par le si gentil papa de ma chère compagne.Il s'était mis à commencer à peindre à plus de 50 ans. 

    2. Jean-Marc 08/07/2011

    Comme tout vrai parisien je garde un souvenir émouvant de Montmartre et de la place du Tertre.
    Je trouve qu'aujourd'hui il y a moins de sensibilité à Montmartre que dans les années 60.
    C'est devenu trop snob, quel dommage

     

     

    3. Jyckie (site web) 10/12/2010

    Bonjour Catherine,
    Voilà, je viens de trouver ton dernier bébé mais quel poème ! Je sais combien il faille peaufiner ses connaissances avant de trouver la bonne trame, mais là, tu m'épates !!!
    ....des artistes sans le sou qui se meurent de faim, des peintres acharnés qui récoltent les miettes au lieu de déguster du moulin, la galette... mais quelle merveille ! Je comprends à quel point l'enfantement d'un tel écrit a dû être douloureux !
    Que puis-je ajouter si ce n'est : bravo l'artiste et chapeau bas !
    Gros bisous ma douce et encore toutes les félicitations de Jyckie. 

     

    4. Maman 29/11/2010

    Je ne peux que m'associer aux dires et compliments de ton amie Michèle. J'aime moi aussi Utrillo par contre je ne savais rien de sa vie. Tu es un as et je suis toujours étonnée de ton savoir sur tout. Continues ma fille, cela fait tellement plaisir de lire de si jolies choses. Bravo et bisous de ta maman. Je vais le passer à Clémence

    5. Michèle RENAULT-LEMIRE 29/11/2010

    Fabuleux, fabuleux ! encore une fois tu m'as transportée ; et le thème de ta poésie est incroyablement bien choisi. Il s'avère que je suis allée à Paris voir l'exposition Utrillo-Valandon et que j'avais eu le coup de coeur pour cette femme que je ne connaissais pas. Je n'avais pas aimé Utrillo dans la mesure où je trouvais ces couleurs tristes malgré les matériaux utilisés et que ces tableaux ont été tellement usités pour les cartes de voeux que je n'appréciais plus. Par contre toute mon attention allait vers sa mère et j'avoue que j'ai été très heureuse de la découvrir : surtout ses nus et ses belles couleurs et sa touche moderne par rapport à son fils. J'ai acheté le livre de l'expo (actuellement en carton).
    Vraiment ton poême est vrai, bien traduit dans la vie de cette peintre et je sens cette admiration, cette sensibilité voire complicité avec Marie Clémentine. Bravo tu es une belle artiste aussi et merci de ce partage culturel et sensible. Michèle

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