• Les déferlantes de Claudie Gallay

     LES DEFERLANTES

    Les déferlantes de Claudie Gallay

    Auteur Claudie GALLAY édition La Brune

    Grand Prix des Lectrices de ELLE 2009

     Un livre magnifique et je renouvelle mes remerciements à Lili qui très gentiment me l'a prêté.

    Citation de l'Auteur à propos de son livre : J'ai beaucoup aimé ce livre. L'atmosphère y est lourde et l'intrigue subtile. Les personnages, les lieux m'ont donnés envie de lire sans m'arrêter, de sentir ce vent sur mes joues et de m'arrêter boire un café. Bref un réel coup de cœur.

    L'histoire c'est d'abord La Hague, la pointe du Cotentin mon "pays", La Hague et ses Taiseux... ... A la Hague, les vieux et les arbres se ressemblent, pareillement torturés et silencieux. Façonnés par les vents. Parfois, une silhouette au loin, et il est impossible de savoir s'il s'agit d'un homme ou d'autre chose... la Hague et son environnement incroyablement hostile et décrite si bien par l'auteur, ces vents terrifiants ... Le vent ne siffle que lorsqu'il rencontre quelque chose. Un obstacle. Il ne siffle jamais sur la mer. L'espace le laisse silencieux... et ... On dit ici que le vent parfois est tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons... L'histoire, c'est aussi bien sûr cette jeune femme dans un état de survie, elle est tourmentée, solitaire. ... Il y a toujours mille raisons pour s'enfermer. Sortir est beaucoup plus difficile.... elle essaie de pallier au manque cruel de son mari ... Des mois que j'étais sans toi. Le manque absorbait tout. Il absorbait même le temps. Jusqu'à l'image de toi... et ... A deux, l'espace change. Le silence n'est plus du silence même si l'autre se tait... elle est torturée... Pourquoi fait-on toujours tant de mal à ceux qui nous aiment le plus ?...

    Elle va au fil des jours faire de belles rencontres et dénouer une dramatique énigme. 

    page 14 ... Les vents qui soufflent les jours de tempête sont comme des tourbillons de damnés. On dit qu'ils sont des âmes mauvaises qui s'engouffrent à l'intérieur des maisons pour y prendre ce qu'on leur doit. On, c'est-à-dire ceux qui restent, les vivants.

     Il faut être fort pour habiter La Hague ou bien il faut y être né ou bien il faut être fou pour y poser son sac et y faire son trou.

    page 19 ... Les gens m'appelaient la Griffue, ils m'appelaient aussi la Horsain, l'étrangère,  il faut être assez robuste physiquement et mentalement pour humblement se plier exigences insoupçonnées de ce bout de terre que la mer maltraite inlassablement.. 

    Ah et l'histoire c'est encore… la mer... un petit port, un phare, un hameau avec une "poignée d'hommes" courageux et repliés sur eux-mêmes ... Le temps se découpait-il ici comme ailleurs, en mois, en années ? Que représentaient deux ans, dix ans, pour des hommes ainsi repliés ? Les cloches marquaient le temps comme les marées marquaient celui de la Hague...  et toujours Jacques Prévert en filigrane qui à vécu à La Hague les dernières années de sa vie, présent dans le livre grâce à Monsieur Anselme, un vieux gars, un enfant du pays. 

    La narratrice qui ne surmonte pas la souffrance infligée par la disparition de son mari nous émeut profondément. On la découvre dans un état de détresse intense et de tristesse infinie.. La Griffue c'est là qu'elle habite... 

    PAGE 11 : Cent mètres après l'auberge, juste le quai à traverser, une maison bâtie en bout de route, presque dans la mer. Avec rien autour. Les jours de tempête , seulement le déluge.. un ancien hôtel qu'elle partage avec Raphaël un peintre sculpteur et sa jeune sœur Morgane une fille énergique et gaie qui tresse des couronnes pour les morts, ils sont tous deux liés par un sentiment amoureux.

      page 11 : j'étais arrivée ici à l'automne, avec les oies sauvages, ça faisait un peu plus de six mois. Je travaillais pour le Centre ornithologique de Caen. J'observais les oiseaux, je les comptais, j'avais passé les deux mois d'hiver à étudier le comportement des cormorans les jours de grands froids. Leur odorat, leur vision... Des heures dehors, dans le vent, avec le printemps, j'étudiais les migrateurs, je comptais les œufs, les nids...

    et puis y a Lili du petit café du bled, une Lili pleine de secrets et de haine pour Théo son père gardien du phare à la retraite depuis un an, un alcoolique qui faisait quoi cette fichue nuit du naufrage ? On dit qu'on a éteint le phare cette nuit-là mais lui le nie farouchement. Lili et sa mère, une pauvre vieille femme abandonnée qui se cramponne à ses souvenirs aussi fort qu'à son sac à main elle est toujours assise là sur la même chaise dans le café de sa fille. Une femme trahie ça vieillit mal car la haine pour sa rivale perdure, son ex-mari Théo l'ignore.... Je les regardais, à la dérobée, incapable de comprendre comment on pouvait en arriver à ce point de haine. Entre eux, le silence même devenait une insulte.... Lui c'est  un passionné d'oiseaux. Il n'a aimé toute sa vie que Nan, Florelle, une femme qui avec le temps est devenue à moitié folle, toute sa famille est morte en mer sauf son fils Michel qui a disparu de sa vie, elle attend son retour depuis si longtemps, elle croit pourtant le reconnaître un jour en la personne de Lambert, ce personnage qui vient  chercher quelque chose ici après quarante d'absence et qui perturbe le fragile équilibre des habitants,  il revient aux sources dans la maison de ses parents, ils y ont vécu heureux jadis avec son petit frère mais ils ont tous les trois péris lors d'un naufrage il y a trente ans. La mer rendra les corps du père et de la mère mais jamais celui de l'enfant.

    Page 179 … Il avait dit, la disparition de mon frère a fait de moi un être sans équilibre. Il avait tenté un sourire. J'avais pensé à toi. Je t'avais vu, mort, mais mort déjà bien avant que ton cœur n'ait cédé. Le travail de l'ombre, jour après jour. .. ... Les gens qui attendent ont-ils tous les mêmes obsessions ...

    Il y aussi Max un peu simplet qui s'occupe des tombes, vole les fleurs qu'on y dépose, il retape pour l'amour de Morgane un vieux rafiot sur lequel il pêchera un requin-taupe qu'il lui ramènera c'est son rêve. 

    L'écriture est d'abord surprenante par son style puis elle devient passionnante. Je suis « entrée » dans l'histoire dès les premières pages et j'ai lue, ou je l'ai lue sans m'arrêter ou presque. Les personnages sont tous très attachants de par leurs descriptions et leurs secrets bien gardés par l'auteur qui les dévoile d'une manière magistrale au fil des pages, des secrets bien lourds à porter. On vit au rythme de la mer , du mauvais temps de La Hague et de ses caprices, on vit selon les états d'âme d'une narratrice terriblement attachante et de chacun des personnages relié par des silences pesants. Un pur bonheur. Un livre à lire absolument. 

    Une dernière citation ... Il faudrait pouvoir trier dans les souvenirs, vous ne croyez pas ? Trier et ne garder que le meilleur...

    Les déferlantes de Claudie Gallay

    SUPERBE

     Bande annonce du film adapté de ce grand roman. Réalisatrice & Scénariste Eleonore Faucher - Rôles principaux : Sylvie Testud & Bruno Todeschini - Daniel Duval - Bulle Ogier - Eva Ionesco - Yannick Renier - Lola Naymark - Astrid Whettnall.

    Les déferlantes de Claudie Gallay

    Les Déferlantes (TV) : AfficheLes Déferlantes (TV) : Photo Sylvie TestudLes Déferlantes (TV) : Photo Sylvie TestudLes Déferlantes (TV) : Photo Bruno TodeschiniLes Déferlantes (TV) : Photo Bruno Todeschini, Sylvie TestudLes Déferlantes (TV) : Photo Daniel Duval

     

     

     

     

     

     

    Les déferlantes un magnifique roman de Claudie Gallay à lire forcément. L'histoire se situe à La Hague c'est mon secteur et son environnement extra-ordinaire. Un film est sorti avec Sylvie Testud une "héroïne" terriblement attachante elle excèle dans ce rôle de jeune femme torturée qu'on aime forcément, Lambert est interprété par l'excellent comédien Bruno Todeschini. La musique du film c'est Laurent Petitgand et c'est superbe.

    Il est des êtres dont c'est le destin de se croiser. Où qu'ils soient. Où qu'ils aillent. Un jour ils se rencontrent. Claudie Gallay dans Les Déferlantes.

    du 1er sept 2016 au...

     

    Tempête

     

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