• Le bras de Cupidon

    Un conte, une légende.. une poésie tendre, il a suffit d'une photo (cette photo.. seul rapport avec mes mots) celle de Sandrine Bonnaire dans "Un coeur simple" un film de Marion Lainé tiré du magnifique roman de Gustave Flaubert " Un cœur simple " écrit en 1877. (La scène où Félicité à genoux, songeuse au bord de l'eau, laisse couler l'eau fuyante entre ses mains, exprime de manière  intense cette succession d'amours qui ne cessent de faire défaut à la servante).

    La flèche de Cupidon

    Le bras de Cupidon,

    Résignée elle se penche juste au-dessus de l'eau
    où son visage reflète la douleur de ses maux,
    quand le froid la surprend, elle descend lentement,
    son rêve est tout au fond elle le sait à présent.

    Elle a voulu partir vers un autre univers
    où son isolement sur un fond de rivière,
    elle le croyait vraiment, ne lui pèserait plus
    croyant y retrouver l'amour qu'elle a perdu.

    Mais la fée des abîmes repue d'âmes en peine
    la repousse sur la rive d'une force surhumaine :
    - Quelqu'un pourra là-bas te sauver du péril
    en t'offrant sur la terre l'espoir qui s'y profile,

    quoi de plus beau regarde, lui dit-elle tout bas,
    qui de plus convaincant que celui que tu vois
    pourrait en ce beau monde te conduire à l'extase ?
    un feu mystérieux devant tes yeux s'embrase

    il veut brûler pour toi. File sans perdre haleine,
    ne te retourne pas et rejoins le grand chêne
    au cœur de la prairie, ne reste pas ici
    avant qu'il ne s'en aille cours vers lui mon amie.

    Rendue à ses côtés à l'abri des regards
    d'inconnus voyageurs, par mon divin pouvoir
    je ferai du pré vert un champ rempli de roses
    qui pour vous étourdir vous conteront des choses...

    Ces frêles demoiselles abreuvées de rosée
    lissant d'abord la soie de leurs robes froissées
    griseront vos esprits, étourdiront vos corps
    enivrés d'une ardeur que vous verrez éclore.

    Qu'importe les ajoncs, les houx et leurs épines
    roulant dans les broussailles, vos effusions câlines
    en feintes retenues que l'amour encanaille,
    délivrées, affamées, feront enfin ripaille !

    Ainsi fut leur union qu'elle voulut idéale,
    la fée rassérénée de son talent génial
    plongea dans le ruisseau emportant son mystère

    qui aujourd'hui c'est vrai fait encore quelques vagues.
    Depuis l'on vient ici de tous les horizons
    louer la fée guidant le bras de Cupidon.

    Catherine Pallois - Marthe des Monts C'était hier Tous Droits Réservés 10/03/16

     

    Michel Pépé est artiste compositeur de musique de bien-être

    EXTRAIT DE UN COEUR SIMPLE DE GUSTAVE FLAUBERT

    Gustave Flaubert est un écrivain français né à Rouen le 12 décembre 1821 et mort à Croisset, lieu-dit de la commune de Canteleu, le 8 mai 1880.

    ... Elle se levait dès l’aube, pour ne pas manquer la messe, et travaillait jusqu’au soir sans interruption ; puis le dîner étant fini, la vaisselle en ordre et la porte bien close, elle enfouissait la bûche sous les cendres et s’endormait devant l’âtre, son rosaire à la main. Personne, dans les marchandages, ne montrait plus d’entêtement. Quant à la propreté, le poli de ses casseroles faisait le désespoir des autres servantes. Économe, elle mangeait avec lenteur, et recueillait du doigt sur la table les miettes de son pain, — un pain de douze livres, cuit exprès pour elle, et qui durait vingt jours.

    En toute saison elle portait un mouchoir d’indienne fixé dans le dos par une épingle, un bonnet lui cachant les cheveux, des bas gris, un jupon rouge, et par-dessus sa camisole un tablier à bavette, comme les infirmières d’hôpital.

    Son visage était maigre et sa voix aiguë. À vingt-cinq ans, on lui en donnait quarante ; dès la cinquantaine, elle ne marqua plus aucun âge ; — et, toujours silencieuse, la taille droite et les gestes mesurés, semblait une femme en bois, fonctionnant d’une manière automatique...

    NOTES DE UN CŒUR SIMPLE.

    Flaubert connut dans l’intimité les personnages de Un Cœur simple : Mme Aubain n’est autre que sa grand-tante Mme Allais, mère de deux enfants, un garçon et une fille ; Félicité en était la servante naïve et bonne, dévotement attachée à son perroquet. Le paysage où Flaubert les a placés est celui où il passa une partie de sa jeunesse. Écrite sous l’empire du découragement, cette nouvelle lui procura les émotions qu’on éprouve en remontant le cours de sa vie.

    Le film entier en lecture gratuite sur youtube

    Tempête

    Si vous aimez cet article, partagez-le sur Facebook : partagez merci
    Pin It

  • Commentaires

    2
    Vendredi 11 Mars 2016 à 12:26
    Merci Michèle, il suffit d'un cliché et je démarre mon plonger dans une histoire qui varie au fil de l'écriture. J'aime qu'il y ait des liens et j'ai trouvé que Gustave Flaubert en était un, merveilleux il faut dire que son écriture est si belle quant au film il est très beau et Sandrine Bonnaire est une attendrissante Félicie. Je t'embrasse et te remercie de m'être aussi fidèle.
    1
    mamierousse
    Vendredi 11 Mars 2016 à 12:04

    Superbe photo...magnifique Sandrine Bonnaire que j'admire sans faille... merveilleux poème de Catherine qui sait nous amener à découvrir des moments fabuleux ... surtout  nous remettre dans un contexte réel que je n'ai pas toujours la curiosité de développer. Merci à toi mon Amie. Affectueusement Michèle

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :