• La porte de Magda Szabó

    La porte de Magda Szabó

    La porte de Magda Szabó    La porte de Magda Szabó

    Couverture Deborah Pendell -  ouvrage édité en livre de poche à 7,90 euros

    C'est un roman étonnant sur la découverte ou non de l'autre qui à l'opposé de soi-même (l'autre en l'occurrence c'est Emerence une personnalité extra--ordinaire,  concierge et femme de ménage de son état) une "autre" totalement hermétique envers qui il faut une bonne dose d'humanité de patience et d'humilité pour accepter et puis tolérer ses différences, enfin pour apprécier ou pas, tout simplement son caractère carrément aux antipodes de ce que l'on peut imaginer. La porte est à ouvrir, ouvrez-la ce qu'il y a derrière vous interpellera forcément.

    Magda Szabó est une écrivaine, auteure de livres pour enfants et poétesse hongroise, née à Debrecen le 5 octobre 1917 et morte à Kerepes le 19 novembre 2007.

    La porte de Magda Szabó

    La porte de Magda Szabó

    RESUME DU LIVRE

    « C’est moi qui ai tué Emerence. Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n’y change rien. » La Porte est une confession. La narratrice y retrace sa relation avec Emerence Szeredás, qui fut sa domestique pendant vingt ans. Tous les oppose : l’une est jeune, l’autre âgée ; l’une sait à peine lire, l’autre ne vit que par les mots ; l’une est forte tête mais d’une humilité rare, l’autre a l’orgueil de l’intellectuelle. Emerence revendique farouchement sa liberté, ses silences, sa solitude, et refuse à quiconque l’accès à son domicile. Quels secrets se cachent derrière la porte ?

    Chef-d’oeuvre de la littérature hongroise dont le succès fut mondial, prix Femina étranger en 2003, La Porte a été élu meilleur livre de l’année 2015 par le New York Times.

    La porte de Magda Szabó

     CE QUE J'EN PENSE

    Emerence Szeredas est une femme de ménage vraiment très exceptionnelle et dans le caractère et dans la tâche et dans les obligations qu'elle s'impose. Elle travaille désormais chez Magda et son époux écrivains tous les deux. C'est elle qui décide de ses gages et de ses horaires. Elle mène son petit monde à la baguette et sans mot dire jamais.

    Magda essaie de se familiariser avec cette femme revêche très particulière mais n'y parvient pas tant Emerence est distante par rapport à elle qui trouve sa patronne pas très courageuse de ne rien faire d'autre avec ses mains qu'écrire.

    On pourrait dire d'Emerence que c'est une perle seulement il faudrait ne pas tenir compte de ses accès et excès de colère et de ses silences qui n'en finissent pas de faire planer des malaises pénibles et invraisemblables.

    La porte d'Emerence est fermée à double tours à tous, elle n'a qu'un chat pour seul compagnon. Personne n'a le droit de pénétrer son antre, personne, pas même sa patronne qui a bien tenté un jour mais ne recommencera plus jamais. Emerence est une femme différente des autres et comme toute personne différente elle attise les curiosités mais surtout, les injustices et le rejet. Un de ses voisins va d'ailleurs lui en faire baver mais elle résiste courageusement et très fièrement.

    C'est une femme énergique qui ne s'écoute pas, indomptable aussi, elle sait être gentille parfois et humaine mais à sa façon. Certains hivers où il neige sans arrêt elle s'épuise à balayer les paquets de neige entassés devant les entrées d'immeubles dont elle est la concierge.

    Magda tâche d'analyser le comportement d'Emerence qui gardera pourtant jusqu'à la fin de ses jours toujours ses secrets. La vie d'Emerence c'est vingt ans de la vie de la narratrice vingt longues années qui auraient pu les rapprocher et l'une et l'autre mais la relation de ces deux femmes n'a pas de qualificatif du moins je n'en n'ai pas trouvé sinon que peut-être, elle est impossible. L'une essaie de deviner l'autre qui se refuse obstinément à exprimer ses sentiments profonds.

    Après vingt ans de vie commune par intermittence, après vingt ans de conflits difficiles sinon impossibles à gérer, Magda forcera la porte d'Emerence alors très âgée, très malade et recluse pour lui venir en aide, pour la sauver. C'est curieux la vie, elles sont presque devenues des amies parce que malgré tout on s'attache à l'autre même s'il est différent il appartient au lecteur de l'imaginer.. 

    C'est une oeuvre étonnante, surprenante et poignante de par l'intensité de sentiments contraires.

    Une citation de Josette Sauthier pour conclure : J’accepte les autres tels qu’ils sont sans les juger. Chacun est à son propre degré d’évolution, sur le chemin de sa vie. C’est ma perception d’eux qui doit changer. Pour ma paix intérieure.

    La porte de Magda Szabó

    DES EXTRAITS

    Page 53 ... Elle avait plus de fierté que moi, même si elle était surprise, elle ne me demanda pas une seule fois ce qui avait jeté un froid entre nous. Mon mari n'était pas sociable, en particulier avec elle, je l'ai déjà dit, et bien qu'il ne l'ait jamais vraiment exprimé, il est évident que pendant des années, la présence de la vieille femme le gênait. Emerence rayonnait comme une pile neuve fonctionnant pour le bien comme pour le mal, il n'était pas possible de l'éliminer purement et simplement de notre vie à deux...

    Page 141 ... Notre attachement réciproque relevait des mêmes facteurs quasi indéfinissables que l'amour, bien que nous dussions faire d'innombrables concessions pour nous accepter mutuellement. Aux yeux d'Emerence, tout travail qu'on n'exécute pas avec les mains ou la force physique n'était que flemmardise, voire charlatanisme, pour ma part, si j'ai toujours estimé les performances du corps, je ne les ai jamais considérées comme supérieures à celles de l'esprit, les années de culte de la personnalité auraient pu me faire changer d'avis, si à quelque moment de ma vie le rayonnement de Giono avait eu trop d'effet sur moi...

    Page 228 ... Nous n'osâmes pas dire un mot, mon mari avait compris aussi, nous eûmes même honte de regarder par la fenêtre et tournâmes le dos au balai d'Emerence, Viola (le chien) grattait à la porte-fenêtre, mais je ne le laissai pas sortir sur le balcon. Aucun de nous ne fit de remarque, à quoi bon, il n'aurait pas fallu dire, mais faire quelque chose, nous sommes revenus devant notre téléviseur, et aujourd'hui encore je ne puis me pardonner d'avoir su ce que j'aurais dû faire, mais de ne pas être allée plus loin que l'idée. J'ai toujours été capable de philosopher, je n'ai jamais eu honte de reconnaître mes erreurs, mais bien que plus jeune qu'elle, plus forte, il ne m'est pas venu à l'esprit de descendre balayer la neige, de l'envoyer chez elle regarder la télévision, et pourtant j'aurais été capable de manier le balai, j'avais assez dansé avec lui à la campagne quand j'étais petite, c'est moi qui nettoyais le devant de la maison. Mais non, je ne suis pas descendue...

    Page 295 ... Elle me fixait du regard, on aurait dit un enquêteur et un juge en une seule personne, enfin, des larmes inattendues jaillirent de ses yeux. Je savais ce qu'elle pleurait, son secret qui ne l'était plus, le sort de ses chats dont elle n'osait pas s'enquérir, sa dignité bafouée, sa hache, la mort d'une légende et ma trahison. Elle ne le dit pas, mais je compris que si j'avais accepté qu'une fois impotente elle se condamne elle-même à mort, si je n'avais pas dévoilé sa honte aux gens de la rue qui l'avaient toujours considérée avec respect, elle aurait senti que je l'aimais. Emerence ne croyais pas au paradis, elle croyait à l'instant...

    Page 281 ... Demain j'en saurai davantage, je connaîtrai la sentence. Si Emerence mourait, il n'y aurait plus de salut possible, si elle vivait, le pouvoir qui jusque-là m'avait permis de ne pas sombrer me retiendrait une fois de plus, pour la toute dernière fois, au-dessus de mon propre abîme.

    La porte de Magda Szabó

    Une lecture poignante de par l'intensité de sentiments contraires.

    La porte de Magda Szabó

    Le film tiré de ce livre n'est pas en français sur youtube hélas

    La porte de Magda Szabó

     

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  • Commentaires

    1
    ana
    Mercredi 29 Mars à 04:13

    Quelle coincidence Babou!  Hier, j`ai trouvée ce livre en "me promenant" par le resseau!

    Il m´a attirée beaucoup et j`ai pensé si je devrais le lui demander a ma fille que, elle va bientôt faire un voyage en la belle France (je suis envieuse).   J´ai eu des doutes mais vous venez de les clarifier. 

    Merci! 

    Amitiés,  Ana,

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