• L'écrit ! Ce temps de prose !

    Quelques mois ont passés, je réalise que ma vie va vraiment changer. Il m'a fallu du temps pour écrire à nouveau, il m'a fallu du temps pour décrire des choses rêvées qui m'ont marquée. J'ai choisi de reprendre des passages de certains de mes écrits pour faire une nouvelle prose, une sorte de pose, une sorte de bilan et exprimer l'espoir de bons lendemains.

    L'écrit ! Ce temps de prose !

    L'écrit ! Ce temps de prose !

     Aux primes heures de ce nouveau jour hanté d'ombres à peine libérées de l'obscurité d’une nuit tourmentée je me vois prendre le sentier en à-pic emprunté par des douaniers aguerris dans un monde où l'action a proscrit les plus belles occasions de rêver.

    Je progresse à pas lents, trébuchant parfois sur quelques pierres humides précipitées par les intempéries capricieuses. Plus bas les roches subissent inlassablement l'assaut des vagues mêlées de varech arraché aux marées. Ces herbes de mer se figeront sur des minéraux imberbes exposés aux soufflets marins imperturbables.

     

    Je suis à mi-chemin entre hier et demain, les yeux mi-clos entre rêve et réalité.

     

    A l'approche d’une bordure de pierres quelques fleurs perce-murailles donnent à ce lieu une beauté insolite. Des ajoncs aux gouttelettes ambrées pointent leurs aiguilles affinées. Les nombreuses tempêtes n'ont pas bouleversé la pérennité de leur existence passivement acharnée. Quelle nature !

     

    Ce parfum de terre mouillée !

    Ce gémissement incessant du vent !

     

    A deux pas de moi sur la partie plane, les ruines d’une petite chapelle au bord de la falaise. Dieu veille.

     

    Le temps est suspendu. Je suis détachée de mon corps.

     

    Mon esprit embué, confus se perd au loin jusqu’à ce petit bout de terre perdu au milieu de nulle part. Ses contours sombrement édentés déchirent la mer.

    Des chicots rocailleux, acérés, effleurent douloureusement la surface des flots.

     

    Aucune présence humaine.

     

    Je crois deviner les écailles d’un monstre marin qui s’extirpe d’insondables abysses. Les vagues agonisent, tourmentées, désespérées. Sinistre beauté éphémère.

     

    Je fouille l’horizon embrumé du sommeil. D’autres formes flottant entre deux eaux.

     

    Quelques frissons. Des déferlantes tranchantes tyrannisent des dragons chimériques en un spectacle hallucinant. L’écume dévore le relief. Le ciel pèse des tonnes. Des traits de lumière argentés percent les nuages puis s’évanouissent dans la mer.

     

    Dans une évidente réalité je vis le premier éveil, le premier printemps d’une vie solitaire.

     

    Les mauvais rêves balayés,  j’entrouvre les yeux, je m’extirpe de cette léthargie funeste. J’ouvre la fenêtre. La porte. J’absorbe la douceur de l’air ! Je passe les trois pommiers, la clôture, j'entre dans le grand champ de lin et sa floraison éphémère.

     

    Tournée vers la maison une certitude me submerge, je suis devenue autre. Je ne serai plus ce que j'étais. Je vais m'appliquer à vivre le présent dans mon nouveau chez moi derrière ces grands murs blancs de chaux.

     

    La clarté triomphe des confusions nocturnes. Les oiseaux pépient joyeusement. Le chien gambade à mes côtés. Je me sens bien. Il fera bon demain. J'ai cet espoir et j'aime ressentir les prémices de la joie qu'il me procure.

     

    Catherine Pallois - Marthe des Monts - Tous Droits Réservés.

    L'écrit ! Ce temps de prose !

    Devine de Louis Aragon

     

    Un grand champ de lin bleu parmi les raisins noirs

    Lorsque vers moi le vent l'incline frémissant

    Un grand champ de lin bleu qui fait au ciel miroir

    Et c'est moi qui frémis jusqu'au fond de mon sang

    Devine

    Un grand champ de lin bleu dans le jour revenu

    Longtemps y traîne encore une brume des songes

    Et j'ai peur d'y lever des oiseaux inconnus

    Dont au loin l'ombre ailée obscurément s'allonge

    Devine

    Un grand champ de lin bleu de la couleur des larmes

    Ouvert sur un pays que seul l'amour connaît

    Où tout a des parfums le pouvoir et le charme

    Comme si des baisers toujours s'y promenaient

    Devine

    Un grand champ de lin bleu dont c'est l'étonnement

    Toujours à découvrir une eau pure et profonde

    De son manteau couvrant miraculeusement

    Est-ce un lac ou la mer les épaules du monde

    Devine

    Un grand champ de lin bleu qui parle rit et pleure

    Je m'y plonge et m'y perds dis-moi devines-tu

    Quelle semailles y fit la joie et la douleur

    Et pourquoi de l'aimer vous enivre et vous tue

    Devine

     L'écrit ! Ce temps de prose !

     

    L'écrit ! Ce temps de prose !

    Tempête

     

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  • Commentaires

    8
    Mardi 11 Juin à 17:15

    après midi très pluvieux ici

      • Mercredi 12 Juin à 11:53

        Ici flotte ma Fidji.. c'est u n peu lassant mais on fait avec et on espère encore et toujours. Bises et amitié.

    7
    Mardi 11 Juin à 14:19

    En voilà une jolie page a lire et relire...Les trésors ne se perdent jamais Catherine...et crois moi si tu reprends l'écriture,ce sera un grand plaisir pour nous.

    Merci à Toi .Je te souhaite une douce semaine,pas sensas en chaleur,mais nous patienterons encore et encore,puisque c'est comme ça que ça marche.La patience est de mise.Je pense bien a Toi ma Douce Amie.Ton joli Papillon est là pour me donner courage et apportera je le sais le beau temps très bientôt.

    Je dépose un bouquet soleil et senteur de saison et beaucoup de gros bisous.Merci...vraiment...

      • Mercredi 12 Juin à 11:52

        Ma chère Maïté j'apprécie beaucoup ton bouquet de soleil que j'imagine vu la flotte qu'on a chez nous.. c'est laborieux mais nous y arriverons à trouver le soleil à force de le réclamer. Merci Maïté de ta présence et de ton amitié.

    6
    Mardi 11 Juin à 10:48

    Merci pour cette balade douce et tranquille au pays de tes rêves et à ta nouvelle vie ♥

    J'ai adoré

      • Mercredi 12 Juin à 11:51

        Merci à toi de ton passage Valie je te souhaite une belle journée si possible ensoleillée. Bises Amitié.

    5
    Mardi 11 Juin à 09:18

    merci pour cette langueur matinale où j'aime me replonger. Un bref instant de douceur, bonne journée bisous

      • Mardi 11 Juin à 16:06

        Merci Fidji de ton message sur cette page que j'aime. Je te souhaite un bel après-midi ensoleillé. Bises et amitié.

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