• L'attente (sujet toujours actuel)

     Pour ma fille Sabine, parce que je l'aime, parce que j'ai une immense confiance en elle. Je sais combien ce métier d'infirmière est difficile mais je sais aussi son dévouement et son courage comme pour la majorité de ces femmes dévouées à leurs patients.

    Malheureusement, dans certains services hospitaliers palliatifs Parisiens entre autres probablement, il y a et cela est terrifiant des infirmières que je surnomme, des dragons. Elles sont incompétentes et inhumaines et je les plains du fond du coeur car forcément un jour leur tour viendra aussi, alors peut-être se souviendront-elles qu'on a un jour compté beaucoup sur elles et qu'elles n'ont pas exercé comme il le fallait leur métier.

    C'est à cause de ces femmes qui n'étaient pas à la hauteur de leur tâche que j'ai écrit tous ces mots. Je dois préciser que j'ai écrit à un organisme compétent ma douleur d'avoir assisté à des choses tout à fait anormales et dramatiques.. je n'ai jamais eu de réponse. Le souvenir de leur comportement me poursuit en 2017 encore puisque je remets à jour ces mots, j'e fais toujours des cauchemars sur cet épisode épouvantable de ma vie, cet accompagnement à la mort à été horrible et jamais je ne pourrai l'oublier. En 2011 j'ai, après bien des difficultés enlevé ma tante de ce lieu sinistre pour qu'elle puisse finir sa vie dans la dignité chez moi dans ma région.

    Il est important pour moi de signaler qu'à l'hôpital Saint JAMES dans la Manche un service palliatif oeuvre dans la sérénité pour le respect de la personne en fin de vie et accompagne avec beaucoup d'humanité, de professionnalisme et de douceur les patients qui leur sont confiés, il est important aussi que je souligne l'attention avec laquelle ce personnel très qualifié et très humain d'infirmières et de petites mains habiles et généreuses guide les familles perdues dans ces relations souvent difficiles à gérer.

    Il faut, cela est impératif donner des moyens supplémentaires aux services hospitaliers. Les infirmières ne donnent que ce que les médecins prescrivent. Mais la compassion elle est une nécessité personnelle dans ce métier considéré plutôt comme un sacerdoce.

    « La lutte contre la douleur est liée par définition à la pratique quotidienne de tout soignant. Au-delà du soin, elle doit devenir une culture partagée dans notre pays, entre patients, professionnels de santé et pouvoirs publics »

    Sujet toujours d'actualité, hélas.

     

    L'attente,

    Vous allez en blouses blanches occupées à vos soins
    au bout d'un long couloir qui me semble sans fin,
    compétentes fillettes à cultiver l'absence
    alors que tristement je m'épuise en silence.

    Impalpables, invisibles, pourtant je vous entends
    venez venez à moi vous mes chèrs enfants,
    j'implore votre assistance je pleure votre présence
    mon traitement s'éreinte mon corps n'est que souffrance.
     
    L'enfer m'est apparu et il me fait très peur.
    Il écume de haine, amplifie mes douleurs.
    Je voulais des sourires et quelques mots gentils
    mais je sombre dans une tristesse infinie.

    Je n'ai plus de désir à vivre encore ici,
    mais je n'ai pas le droit de réclamer la nuit.
    Moi qui suis au pallier de ma fin annoncée
    on garde bien la porte comme moi, condamnée.

    Pour un soulagement il me faut quémander.
    Pendant des heures durant on oublie de m'aider,
    et si le bouton rouge s'allume trop souvent
    c'est que ma chair souffre impitoyablement.

    Osez l'humanité, redoublez d'attention
    et à la compétence liez la compassion,
    on vous estimera comme l'ange bienfaiteur
    qui aux âmes meurtries apporte la chaleur.

    Mon esprit désormais s'échappe et je m'efface
    sans aide et sans caresse voyez je suis si lasse,
    pour moi la maladie est si pleine de hargne
    et je demande à l'Homme aujourd'hui qu'il m'épargne.

    Je vois à l'horizon des ombres ténébreuses
    et j'entends constamment leurs voix ensorceleuses
    qui flottent dans les airs de ma cellule blême
    comme cela est terrible je crois que je les aime.

    Aujourd'hui mes entrailles dévorées, consumées
    m'accordent un jugement nullement aliéné
    pour le choix du départ que je voudrais enfin
    mais vous me refusez et je réclame en vain !

    Car l'heure n'est pas venue et je suis toujours là,
    J'ai beau faire mes adieux le jour m'ouvre ses bras,
    je refuse demain ne soyez pas cruels
    voyez mon existence.. elle est artificielle.  

    Catherine Pallois Mars 2011 L'attente (sujet d'actualité)Marthe des Monts Tous droits réservés

    L'attente (un sujet grave)

    Faure - Op. 11 - Cantique de Jean Racine

     

    Tempête

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 30 Janvier 2014 à 09:14

    Commentaires de 2011 date de mise en ligne

    1. Jean-Marc 08/07/2011

    Ce texte est tellement réaliste.
    Il existe 2 types d'infirmières, celles qui adorent leur métier et les autres... C'est un boulot difficle, c'est certain. Les moyens manquent, le personnel aussi, alors, hélas, pas de miracle possible.
    Nous avons pourtant besoin d'elles...

    REP DE CATHERINE : il leur faut probablement beaucoup de courage mais quel est l'adjectif qu'il faut employer pour les malades ?

    2. missnefer13500 (site web) 13/05/2011

    très émouvant poéme
    et c'est helas bien souvent le quotidien
    je m'insurge et m'applique au quotidien à enseigner a nos futures soignantes des règles élémentaires
    oui c'est difficile!
    oui le manque de personnel existe!
    mais il nous faut faire avec car dans nos lits des patients sont là parce qu'ils sont en souffrance
    et un petit sourire c'est si facile
    j'ai la chance inouie d avoir des amies parmi les patients qui vont et viennent
    c'est un grand bonheur
    bisous et a plus

    REP DE CATHERINE : Merci de votre message, aujourd'hui journée honorant les infirmières je vous félicite de faire ce métier, il vous faut de la passion et de la compassion à forte dose, sachez combien les souffrants attendent de vous le petit sourire dont vous parlez et qui est si simple à offrir et qu'ils vous remercient du fond de leur détresse. Vous qui le pouvez, battez-vous contre l'indifférence car elle est terrifiante. Bonne et heureuse journée éclairée de l'admiration que "nous" vous portons à toutes.

    3. alaligne (site web) 06/04/2011

    Merci Babou pour ce poème qui me replonge dans ce que j'ai ressenti malheureusement trop souvent en allant passer de longues heures d'abord auprès de ma mère, puis de mon père, soit dans des maisons de retraite médicalisées, soit à l'hôpital, soit les deux...Il y a aussi un degré d'infantilisation qui est rarement dénoncé dans le comportement de certains "dragons" ou au contraire chez des soignants plus en empathie qui me fait mal. Vieux et souffrant ne veut pas dire systématiquement sénile et la façon dont souvent on leur parle même avec gentillesse les ramène à un état infantile que je déplore et qui pour moi est aussi un manque de respect.
    Mais heureusement, même dans des conditions de travail très difficiles, en milieu hospitalier, j'ai rencontré des personnes très humaines, sensibles et intelligentes et cela aussi mérite d'être dit.
    Je t'embrasse.

    REP DE CATHERINE : Mes mots ne laissent pas indifférents, c'est important et c'est important bien sûr et je te remercie d'en faire la réflexion : il y a heureusement plus de personnes "bien" dans ce métier difficile. Merci de ton témoignage, de ton passage ici et de ton amitié.

    4. Mam 05/04/2011

    Ces écrits magnifiques me bouleversent comme toujours, que peut-on faire pour permettre à ceux qui le réclament de finir dignement? Heureusement tous les hôpitaux ne sont pas comme celui dont tu parles et beaucoup de docteurs et infirmiers ne comptent pas leur temps pour soulager ces pauvres êtres en fin de vie.Bon courage et tendres baisers

    REP DE CATHERINE : Oui heureusement qu'il y a vraiment des femmes et des hommes qui s'investissent... mais il y a des écarts et je les trouve dangereux. Merci de ton message. Je t'embrasse fort.

    5. Sabine 05/04/2011

    Ton écrit est magnifique, plein de vérités , de sensibilité et... De vécu malheureusement! Il est bouleversant de réalisme, il m'est insupportable de penser que certains membres de notre belle profession puissent être aussi maltraitant avec les patients. Bon courage et gros bisous , à très vite!

    REP DE CATHERINE : Merci beaucoup Sab, je suis si déçue de vivre tout cela, que de travail mon Dieu en soins palliatifs... et que de dévotion il faudrait... Mon courage est bien là et je tiens bon. Je t'embrasse très fort ainsi que tous.

    6. Michèle RENAULT-LEMIRE 04/04/2011

    Ma chère Catherine, bien que bousculée en ce moment, je prends le temps de te dire que je suis au bord des larmes devant ce poême tant il est vrai et émouvant. Tout me rappelle ma chère Maman qui dans ses dernières heures malgré la souffrance avait toute sa lucidité et trouvait le temps long ! heureusement elle a eu la chance d'avoir des infirmières exceptionnelles et surtout humaines... tant avec elle qu'avec nous. Heureusement elles existent, elles sont là mais pour des raisons politiques et budgétaires, on leur retire le temps et les moyens d'assumer leur vrai métier d'être auprès de ceux qui attendent le réconfort, le petit mot qui fait du bien et la chaleur d'une main pour dire " vous n'êtes pas seul, nous sommes là".
    Bises ma belle et à bientôt.

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