• Julius Winson de Gérard Donovan

    Julius Winson de Gérard DONOVAN

    Julius Winson de Gérard Donovan

    Traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte - Edité chez Seuil

    Résumé au dos du livre : Julius Winsome, quinquagénaire, vit solitaire dans un chalet au cœur de la forêt du Maine. Fils et petit-fils d’anciens combattants qui lui ont transmis leur horreur de la violence, Julius ne chasse pas, contrairement aux hommes virils de la région. Il préfère chérir ce que son père aimant lui a légué : les milliers de livres qui tapissent son chalet et le Lee-Enfield, ce fusil rapporté par son grand-père anglais des tranchées de la Première Guerre mondiale. Son unique compagnon est son chien Hobbes. La mort de ce dernier, abattu par un chasseur, déclenche chez cet homme doux une fureur meurtrière. Les balles crépitent alors dans la forêt enneigée.

    Julius Winsome est l’histoire tendue et émouvante d’un « étranger » à la fois hypersensible et détaché, amoureux de la langue et misanthrope. Avatar du Meursault de Camus qui tuait « à cause du soleil », Julius Winsome tue à cause de la neige, symbole de pureté et de deuil.

    Écrit dans un style puissant et poétique, ce récit d’amour, de vengeance et de mort est à l’image du paysage, âpre, froid, cinglant. C’est aussi un hymne à la nature et à ses créatures sauvages.

    Mes impressions

    C'est un superbe roman qui raconte l'histoire de Julius qui est un solitaire. Seul dans la cabane familiale installée dans un endroit sauvage du Maine en pleine nature, Julius passe ses hivers confortablement installé près du feu au milieu d'une grande quantité de bouquins légués par son père. Son seul compagnon c'est Hobbes, son chien qu'il adore et qui est abattu un jour pour rien. Julius alors peiné profondément par la perte aussi cruelle de son compagnon lui le non violent va désormais chasser le tueur, la vengeance s'empare de lui et l'homme bascule dans la haine.

    C'est une histoire magnifique. Les descriptions de l'environnement où vit Julius sont superbes. L'écriture est belle et grave comme le sujet : une traque féroce et une haine terrifiante jusqu'au bout. On a tué à bout portant son chien mais le personnage sera-t-il à la fin soulagé de son acharnement à poursuivre l'assassin ? c'est à découvrir en lisant ce magnifique roman.

    Quelques extraits

    page 44 : J'ai marché dans la forêt jusqu'à un endroit situé à environ deux kilomètres et demi, entrant et sortant de l'ombre tel un pantin articulé, le soleil brisé par les branches déversant sur moi une maigre lumière et une encore plus maigre chaleur. N'étant pas pressé, je marchais lentement, m'arrêtant même pour avaler une gorgée de thé, tout surpris que quelque chose dans le Maine puisse encore procurer une sensation de chaleur et qu'on puisse suivre en catimini une créature vivante à la fin de l'automne alors que les feuilles mortes craquent si bruyamment sous les pas. En été ces arbres avaient constitué un luxuriant sanctuaire de fraîcheur à l'abri du soleil, mais à présent la plupart d'entre eux se dressaient, entièrement dénudé, face aux vents du nord, ne protégeant de rien...

    page 70 : Le soleil d'été a de plus en plus allongé les jours et bientôt les fleurs ont empli la fenêtre de jaune, de rouge vif et de violet. Des papillons planait au-dessus de l'herbe luxuriante, voletaient le long des tiges jusqu'aux corolles, ajoutant à l'air du matin leurs mouvantes taches vertes et brunes...

    page 89 :  Le Maine, étoile blanche qui scintille à partir de novembre et domine un coin de ciel glacial. Seules les phrases courtes et les longues pensées peuvent survivre en ce lieu. Si vous n’êtes pas septentrional des pieds à la tête et habitué à passer de longs moments tout seul, ne vous aventurez plus alors dans cette contrée. Les distances s’effondrent, le temps vole en éclats. Les enfants inscrivent leur nom en patinant sur les lacs, des luges tirent des chiens devant elles. On combat l’hiver en lisant toute la nuit, tournant les pages cent fois plus vite que tournent les aiguilles, de petites roues en actionnant une plus grande pendant tous ces mois. Un hiver dure cinquante livres et vous fixé au silence tel un insecte épinglé, vos phrases se replient en un seul mot, le temps suspend son vol, midi ou minuit c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Chaque coup d’œil rencontre de la neige. Chaque pas s’enfonce vers le nord. Voilà l’heure du Maine, l’heure blanche...  

    page 185 : Il y a des gens qui tirent sur n'importe quoi, sur tout ce qui bouge, sur tout ce qui vole, rampe ou nage, sur tout être vivant. Gibier à fourrure, à poil, à plume, gros, petit, gras ou maigre : grouse, bécasse, dindon, faisan, wapiti, ours noir, orignal, souris, rat, campagnol, lapin, castor, lynx, loup-cervier, raton laveur, coyote, ondatra, écureuil, loutre, renard, vison, belette, putois, porc-épic. Ces chasseurs agissent de préférence par beau temps, mais aussi les jours de pluie, ou les jours sans soleil et sans pluie, même s'ils adorent le pincement du froid, l'âcre senteur de l'écorce, le spectacle des violettes sur le sol de la forêt et des cerfs longeant les bords du lac dans le brouillard...

    Julius Winson de Gérard Donovan

     

    Gérard Donovan, né le 16 mai 1959 à Wexford, dans le comté de Wexford, en République d'Irlande, est un écrivain irlandais.

     

    Une magnifique lecture que je conseille à tous et je terminerai par une citation

    La vengeance est aussi signe de souffrance pour l'amour perdu que nous avons tous connu. Citation de Eloïse Yang.

     

     

    Tempête

     

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